Front en 1916

Le front au début de 1916
Début de guerre

Au début du conflit, tout le monde pensait qu’il serait de courte durée. Les soldats qui partaient au front, s’imaginaient, déjà, être de retour dans leur foyer, avant la fin de l’année. C’était la guerre de mouvement qui prévalait dans chaque camp, à cette époque, et toute la stratégie était basée sur ce concept.

 Du côté allemand, les plans d’invasion de la France avaient été mis au point par le maréchal Alfred Von SCHLIEFFEN (1833-1913) qui fut commandant en chef de l’armée allemande jusqu’en 1906. Il prévoyait un débordement rapide de l’armée française, en l’attaquant sur son flanc gauche, depuis le Luxembourg et la Belgique ardennaise, puis un pivotement vers l’est de ses troupes  pour refouler l’armée française vers le Jura et la Suisse.

 Von SCHLIEFFEN avait imaginé le déploiement d’une petite partie des effectifs, à l’est, pour contenir les Russes qui passeraient  beaucoup de temps à mobiliser,  et une concentration importante de forces, à l’ouest,  pour vaincre la France en moins de 6 jours, après quoi, le front russe serait renforcé pour y lancer une offensive de grande envergure.

Cette stratégie profite, en outre,  de la proximité des grands centres allemands des vallées de la Ruhr et du Rhin, avec les principales villes du Nord de la France pour une meilleure logistique. L’approvisionnement des armées allemandes par l’Alsace-Lorraine n’aurait pas été propice à une action rapide.

Lorsque Helmut Von MOLTKE devient commandant en chef de l’armée allemande, il souhaite modifier le plan Schlieffen, à défaut de pouvoir le changer. Il décide d’alléger les forces des armées du nord pour renforcer la couverture sur l’Allemagne et sur le front russe. Il décide également de ne pas envahir les Pays-Bas, pour éviter de disperser ses forces, quitte à se priver de la formidable logistique de ce pays (chemins de fer et infrastructures portuaires).

bataille-des-front.Les tout  premiers engagements ont lieu près des frontières. À quelques exceptions près, ils tournent à l’avantage des Allemands ;  le plan Schlieffen semble efficace. Les armées allemandes passent par la Belgique et la trouée de Stenay.  La bataille des Ardennes et de  Charleroi se conclut par une défaite des Alliés dont les armées sont contraintes à se replier. La retraite est bien orchestrée par le général JOFFRE, commandant en chef des forces Françaises.
Lorsque Von KLÜCK, chef de la IèreArmée allemande, incurve son offensive vers le sud-est au lieu d’attaquer Paris, le Haut Commandement français saisit immédiatement cette opportunité pour lancer sa contre-offensive.
Cette puissante attaque s’étend de l’Ourcq jusqu’à Verdun et est menée par :

  • Le général MAUNOURY avec sa VIèmeArmée associée au corps expéditionnaire britannique du maréchal French, respectivement au nord-est et au sud-est de Paris,
  • Le général FRANCHET D’ÈSPEREY, à la tête de la VèmeArmée, au nord de Prévins,
  • Le général FOCH, à la tête de la IXèmeArmée, dans la région d’ Arcis-sur- Aube,
  • Le général De LANGLE De CARY, avec sa IVèmeArmée, au nord de Saint-Dizier,
  • Le général SARRAIL, à la tête de la IIIèmeArmée dans la région de Verdun,
  • Le général De CASTELNAU, avec sa IIèmeArmée au niveau de la trouée de Charmes.

La retraite prend fin dans la Marne, l’armée française reprend l’offensive et stoppe définitivement la progression allemande les 6 et 7 septembre 1914.schlieffen-vs-XVII
La place de Verdun commandée par le général SARRAIL qui a succédé à RUFFEY se voit ponctionnée d’une partie de ses troupes, lesquelles sont affectées à la VIème Armée nouvellement créée.
L’artillerie lourde allemande pilonne quotidiennement le fort de Douaumont tandis que les troupes du Kronprinz sont aux portes du fort de Troyon. Chaque nuit, le fort est soumis à des attaques renouvelées mais il résiste malgré sa faible garnison.
Le 10 septembre, le Kronprinz lance une attaque sur le flanc droit de la place de Verdun, les Français cèdent encore du terrain, la place est virtuellement encerclée. Le Grand Quartier Général envisage alors de l’abandonner. La contre-offensive de la Marne va contraindre les Allemands à un repli général ; Verdun reste français.

L’enlisement

 La bataille des frontières fait le constat de l’échec du plan XVII français, la bataille de la Marne celui du plan Schlieffen. Après la défaite de la Marne, les troupes allemandes reculent et fortifient leurs positions en creusant les premières tranchées. Le général Eric Von FALFENHAYN succède à Von MOLTKE à la tête des troupes allemandes.
Les deux armées tentent de se déborder mutuellement par le nord, sans succès, en une manoeuvre d’enveloppement improprement appelé « course à la mer ». Début octobre, les Allemands tentent de s’emparer des ports de la Manche et de la mer du Nord «  bataille de l’Yser, bataille d’Ypres« . Lorsque s’achève cette « mêlée des Flandres » il devient pratiquement impossible de rompre la ligne ennemie tant la puissance de feu de l’artillerie adverse est grande. Les troupes sont maintenant fatiguées, elles manquent de munitions et préfèrent tenir leurs positions durement acquises. En novembre 1914, le front est stabilisé pour plusieurs années. Un immense réseau de tranchées et de boyaux se développe depuis la Mer du Nord jusqu’aux Vosges sur une longueur d’environ 750 km, tandis que sur la ligne de front se construit un énorme maillage de fil de fer, ponctué de casemates et d’ouvrages défensifs.

Les pertes françaises s’élèvent déjà à plus d’un million d’hommes, tués ou blessés, en fin 1914. Cette première bataille de la Marne marque  le début de la guerre de positions.

Bilan de l’année 1915

L’année 1915 verra les deux offensives françaises en Champagne (en mars et septembre) et les offensives en Artois ( en mai et septembre). Ces offensives très coûteuses en vies humaines se soldent par un échec. 680 000 soldats français ont été tués depuis le début de la guerre, soit près de la moitié des morts français pour toute la durée du conflit. Le gouvernement est de ce fait obligé d’appeler la classe 1917 avec un an d’avance. Le Haut Commandement français qui sent que tout le monde est fatigué d’une guerre qui dure depuis plus d’un an déjà, prépare une vaste offensive sur la Somme en collaboration avec les troupes britanniques.

Au début de 1916, le front occidental se divise en deux parties. La première, qui s’étend de la mer du Nord à la Somme, comprend : 39 divisions britanniques, 18 divisions françaises et 6 divisions belges. Le corps expéditionnaire britannique, commandé depuis le 19 décembre 1915 par le général HAIG, en est la principale composante.
La deuxième, qui s’étend de la Somme à la Suisse, comprend le gros de l’armée française, soit 87 divisions.
Il est composé des groupes d’armées Nord (général FOCH), Centre (général De LANGLE De CARY) et Est (général DUBAIL). La Région Fortifiée de Verdun appartient au groupe Centre.
Il avait été décidé, en fin 1915, au G.Q.G. du général JOFFRE, de maintenir l’ennemi sous pression sur toute la ligne de front par des actions locales et de faibles amplitudes pendant l’élaboration de la grande offensive sur la Somme qui devait permettre d’ouvrir une brèche dans le dispositif allemand.

 Du côté allemand on préfère préparer une offensive de grande envergure sur le saillant de Verdun. Cette stratégie devait leur permettre de progresser par l’est, en direction de Paris
De plus, Verdun étant un lieu hautement symbolique pour les Français, ils n’hésiteront pas à engager les forces nécessaires pour la défendre, délestant du même coup les autres fronts. La volonté de décimer l’armée française n’est apparue qu’après le constat d’échec de la vaincre rapidement.verdun_0001
Verdun et ses fortifications forment un saillant dans les positions qu’occupent les forces allemandes depuis la mi-février 1915 avec à l’ouest l’Argonne et la butte de Vauquois, à l’est la plaine de la Woëvre et la crête des Éparges où se déroule une importante bataille de mines. Verdun est, par ailleurs, proche des usines d’armement lorraines et ses forts ont été partiellement désarmés pour préparer l’offensive de la Somme.
D’un point de vue logistique, la cité ne pouvait être alimentée en hommes et en matériel que par un simple chemin de fer à voie métrique et une petite route départementale, c’est donc l’endroit idéal pour déclencher une opération d’envergure.

Bien que l’État-Major allemand se soit montré sceptique à l’égard du plan Falkenhayn, le Kronprinz lui accorde sa confiance.

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Source : « Verdun » de Jacques PERICARD

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