Ouvrages fortifiés

Le système défensif Séré de Rivières

verdun_bastionsEn dépit des nouvelles performances de l’artillerie, grâce notamment au canon rayé et à l’obus cylindro-ogival qui augmentent  la portée ainsi que la précision des tirs, la conception des fortifications restait basée sur les principes d’ouvrage bastionné. Ces principes datant de l’époque de Vauban, et qui avaient fait la réputation du fameux ingénieur, allaient bientôt révéler leurs faiblesses et leur inadéquation face aux armes modernes.

Après la défaite de 1871, le traité de Francfort, retire à la France l’Alsace et une partie de la Lorraine, laissant la nouvelle frontière de l’Est sans protection face à l’Allemagne. Il devient alors vital pour la France de se protéger.

Organisation_militaire_franEntre la Belgique, le Luxembourg et la Suisse, pays dont la neutralité est garantie par traité, la nouvelle frontière franco-allemande court sur 250 km. Le comité de défense, créé en juillet 1872 et dirigé par le Général SÉRÉ de RIVIÈRES à partir de 1873, conçoit de la protéger par deux grandes lignes fortifiées : l’une vers la Suisse, l’autre vers la Belgique, laissant un espace de 60 km intentionnellement ouvert, « la trouée de Charmes ». Face à ce système défensif, une invasion allemande n’est donc possible qu’en violant la neutralité suisse, luxembourgeoise ou belge, ou en s’engageant dans la trouée.

Cette organisation défensive, dictée par le bon sens et l’économie, permet aux forces françaises de se rassembler à l’abri des digues fortifiées et de réagir sur les flancs ennemis s’avançant par la trouée de Charmes, ou encore, mais ce serait contraire aux traités, par l’un des pays neutres.

La loi du 17 juillet 1874 débloque les fonds nécessaires pour construire et armer 166 forts, 43 ouvrages fortifiés et près de 250 batteries sur une ligne qui s’étend de Longwy à Belfort et le long de la chaine des Alpes, face à l’Italie.

frontiere-1914Les digues constituées par une série de forts et d’ouvrages permanents se flanquant mutuellement et reliés entre eux par des défenses de campagne, sont ancrées à leur extrémité par des camps retranchés. La digue du Nord, longue de 75 km, suit la rive droite de la Meuse entre Verdun et Toul où le terrain se prête lui-même à un système défensif.

En effet la Meuse est bordée du côté ennemi par un long plateau calcaire, boisé, large de 19 km, qui surplombe d’une centaine de mètres la plaine de la Woëvre et sur laquelle il se termine en falaise. Au sud, la digue plus courte, s’appuie sur les places fortes d’Épinal et de Belfort.

Pour que le système Séré de Rivières soit efficace, il faut qu’il s’appuie sur des piliers robustes. Le siège de 1870 a fait apparaître l’importance des crêtes qui dominent la ville de Verdun.
La défense de la place doit donc les intégrer. Verdun ne sera plus seulement une forteresse mais est transformée en un grand camp retranché. Sur les hauteurs de la ville, de 4 à 6 km, une première ceinture d’ouvrages est édifiée entre 1874 et 1880: les forts de Belleville, St Michel, Souville, Tavannes, Belrupt, Haudainville, Dugny, Regret, Chaume et Marre.

Dans le même temps, la place et la citadelle sont améliorées ; 5 galeries en sous-sol sont creusées sous seize mètres de terre et de roc, avec cuisine, dortoirs, machines élévatrices pour l’eau et éclairage électrique.
Mais cette nouvelle ossature qui protège la ville est encore insuffisante, surtout vers le front Nord.
fort-de-douaumontEn 1880 le général SÉRÉ De RIVIÈRES, impliqué dans une cabale politique, est remplacé par le général COSSERON de Villeneuve qui terminera ses travaux. Un nouveau programme plus ambitieux est défini; tenir les batteries ennemies éloignées de la citadelle à plus de 10 km. Une deuxième ceinture de fortification est érigée qui s’appuie au Nord-Est sur le fort de Douaumont et sur celui de Vaux.
Tandis que les fortifications nouvelles sont construites, les progrès de l’artillerie sont tels (avec, en 1886, l’invention de la mélinite, explosif très puissant, et l’apparition de l’obus-torpille en acier), qu’il faut modifier la maçonnerie des ouvrages déjà édifiés. On dispose alors sur les voûtes une couche de 1 mètre de sable sur laquelle est coulé du béton dur, sur parfois 2,50 mètres. d’épaisseur.

À partir de 1900, les nouvelles constructions des forts de la ceinture extérieure sont protégées par du béton armé. Après 1905, les forts sont dotés de tourelles blindées à éclipse pour canons et mitrailleuses.
Parallèlement, les principes de défense se modifient ; des ouvrages intermédiaires, des batteries enterrées, des dépôts de munitions, des abris de combat sont construits.

Petain-verdun-1916Certains ouvrages comme Froideterre, Thiaumont, La Laufée, Belle épine deviennent de véritables forts et l’ensemble est servi par un réseau ferroviaire à voie étroite. En août 1914, lorsque la guerre éclate, le camp retranché de Verdun est un trapèze de 45 km de périmètre, puissant de 28 forts et ouvrages fortifiés, dont 16 modernisés ; il possède un parc à ballons et un terrain d’aviation. Le gouverneur de Verdun dispose de 65.000 hommes, de 350 canons de gros calibre, et de 442 de petit calibre. Sa mission est de contenir l’ennemi et de lutter jusqu’à la chute de la ville et de la citadelle.

Source :

  • carte extraite de l’Atlas Vidal La Blache
  • « La bataille de Verdun » du maréchal PÉTAIN Edition Payot 1929
  • wikimedia commons
  • wikipedia.org
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