Explosion du 8 mai 1916

Explosion dans le fort de Douaumont

Lundi 8 mai 1916, à 4 heures du matin.
Une panique soudaine envahit le fort de Douaumont occupé par l’armée allemande. Les hommes crient « les blacks arrivent » faisant allusion aux troupes coloniales françaises qui sont craintes par les Allemands et qui ont la réputation de ne pas faire de prisonnier.
Peu après, trois explosions retentissent, suivies d’une énorme onde de choc qui se propage dans tout le fort, bien plus importante que s’il s’était agi d’un tir direct d’obus.
Un écran de fumée et de gaz asphyxiant envahit l’ouvrage tout entier.
À la suite de la formidable onde de choc, de nombreux soldats périssent. Les corps sont littéralement catapultés dans tous les coins par groupes de trois ou quatre à la fois. Des centaines d’Allemands meurent par asphyxie. Au prix d’un énorme effort, seule une centaine d’occupants sont sauvés. Le nombre de morts est estimé à plus de mille soldats. Pour la plupart, les corps n’ont jamais pu être identifiés.

Un médecin présent sur les lieux a reconstitué le drame ; voici ce qu’il dit : « Un tir direct d’artillerie atteint le dépôt de combustible pour les lance-flammes. Le combustible entre en contact avec le feu des cuisinières. Il s’enflamme instantanément en dégageant un épais nuage de fumée et de carbone. Tout le monde est couvert de suie et cela explique la phobie qui s’installe à propos des « Blacks« .
Dans cette panique, des grenades à main sont lancées en direction des supposés envahisseurs. Ces grenades atteignent le dépôt de munitions et de gaz mortel et le font exploser.
(Source: WERTH, p. 224-229).

Arnold ZWEIG donne une autre version de l’incident. « Des hommes du 52e I.R. bavarois en retour du front, sont venus se reposer au fort après une offensive éreintante. Ils s’installent au sous-sol et, alors qu’ils préparent leur repas, l’un d’entre eux veut se servir de la poudre d’une grenade pour réchauffer les gamelles. À la suite d’une mauvaise manipulation, la grenade explose en projetant ses éclats en direction des caisses à munitions et des réservoirs de combustible pour lance-flammes. Le combustible s’embrase, mettant le feu aux caisses à munitions et au dépôt d’obus pour la tourelle de 155. En un instant tout explose. L’étage inférieur est envahi par les gaz et les flammes, qui asphyxient et carbonisent ceux que l’onde de choc a épargnés. »

Les corps sont évacués du lieu du désastre mais devant le nombre, il a fallu se résoudre à laisser la majeure partie des cadavres sur place. Ils sont empilés dans deux abris d’artillerie vide et passés à la chaux vive. L’accès aux abris est alors muré et reste encore dans cet état de nos jours.
Une petite chapelle est édifiée contre le mur, après la guerre, en mémoire aux soldats disparus lors de ce tragique épisode.
Incidemment, les Français n’ont jamais eu connaissance de cette catastrophe.

sources :

  • wereldoorlog1418
  • Photo d’entête : Panoramio Draws4430
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