Herbebois

Situation avant l’attaque du 21 février 1916

Le secteur tenu par la 51e D.I est limité :

  • À l’ouest par la route Ville-devant-Chaumont-Vacherauville, exclue (sauf dans le bois Lecomte), naissance du ravin ouest de Beaumont incluse, route Beaumont-Louvemont incluse, La Folie, au sud-est de Bras, exclue,
  • À l’est par l’ouvrage 242.7 (est d’Ornes) inclus, cote 257, Bezonvaux exclu, Vaux-Devant-Damloup exclu, fort de Souville inclus, caserne Chevert et fort de Belrupt inclus.

herbebois_0001

21 février 1916

À 6 heures, la situation des troupes de la 51e division est la suivante :

Sous-secteur Sud

  • Un bataillon du 164e R.I. en 1re position à Ornes.
  • Une compagnie du 243e R.I. avec deux sections de la 2e compagnie de mitrailleuses au plateau des Caurières.
  • Une compagnie du 29e R.I.T. avec deux sections de la 2e compagnie de mitrailleuses à la Coupure-bois Le Chaume.
  • Trois compagnies du 243e R.I. et une compagnie du 29e R.I.T. en réserve au sud des Chambrettes.
  • P.C. à la Cote 378.

Sous-secteur Nord

  • Un bataillon du 164e R.I. (commandant BODOT) et deux compagnies du 243e R.I. à l’Herbebois.
  • Un bataillon du 164e R.I. au bois de Ville.
  • Deux compagnies du 243e R.I. liaison bois Le Chaume-bois de la Wavrille.
  • Deux compagnies du 327e R.I. et une compagnie de mitrailleuses à la Wavrille.
  • Deux compagnies du 327e R.I. et une compagnie du 29e R.I.T. à Beaumont.
  • Une compagnie du 327e R.I. et une compagnie du 29e R.I.T. au bois des Fosses.
  • Trois compagnies du 327e R.I. aux abris du bois des Fosses.
  • P.C. au camp du bois des Fosses.
  • 233e R.I. en réserve de secteur entre Beaumont et Louvemont.

herbebois-15

À 7 h 12, l’ennemi déclenche un violent bombardement, sur le village d’Ornes dans un premier temps, mais qui s’étend ensuite sur toute la zone occupée par la 51e D.I. Le bois de Ville, les tranchées du Cap de Bonne-Espérance, l’Herbebois, le bois des Fosses et Beaumont sont plongés sous un déluge d’obus de tous calibres, explosifs, à balles et chimiques. L’artillerie lourde  française ouvre le feu à son tour sur les pièces allemandes qui avaient été repérées avant l’attaque. Malheureusement, un grand nombre de batteries ont été approchées en toute discrétion et n’ont pas été détectées. Les liaisons entre les centres de résistance et les P.C. s’effectuent par coureurs car toutes les communications téléphoniques sont coupées depuis 8 heures.

Vers 10 heures, un bataillon du 233e R.I. est envoyé en renfort à l’Herbebois et au bois de Ville pour combler les pertes des unités déjà en place.

Vers 16 heures, le bombardement allemand redouble d’intensité ; six drachens guident le tir de ses batteries. Une demi-heure plus tard, le tir s’allonge ; l’infanterie ennemie pénètre dans la lisière nord du bois de Soumazannes et enlève les premières tranchées françaises. Sa progression est facilitée par le manque de réaction de l’artillerie française qui n’a pas vu les demandes de tir effectuées par fusées, par le commandant de la garnison de l’Herbebois. Elle s’étend sur la lisière de l’Herbebois mais elle est arrêtée par les unités qui défendent le bois et qui se sont repliées sur la ligne de soutien.

Dans le même temps, l’ennemi prend pied dans les tranchées de 1re ligne du bois de Ville et avance vers la ligne de soutien. Les compagnies du 233e R.I envoyées en renforts vers l’Herbebois et vers le bois de Ville arrivent sur les lieux et apportent leur appui aux garnisons des deux secteurs. L’ordre de la division est formel  » il faut tenir coûte que coûte le bois de Ville. »

Pour éviter que l’ennemi ne se renforce, l’artillerie française exécute un tir de barrage sur le front nord.

En fin de journée la situation est la suivante :

  • Le village d’Ornes a été fortement bombardé, mais n’a pas été attaqué.
  • À l’Herbebois, l’ennemi occupe une bonne partie des tranchées de 1re ligne de la lisière nord et une moitié de celles de la lisière est du bois. La garnison du centre de résistance occupe encore une petite partie des tranchées de 1re ligne ainsi que les tranchées de la ligne de soutien.
  • Au bois de Ville, une partie des tranchées de 1re ligne est passée aux mains des Allemands.

Les unités qui défendent les positions se répartissent comme suit :

  • Sous-secteur Sud sans changement.
  • Sous-secteur Nord :
    • Herbebois
      • Un bataillon du 164e R.I.
      • Deux compagnies du 243e R.I.
      • Deux compagnies du 233e R.I.
    • Bois de Ville
      • Un bataillon du 164e R.I.
      • Deux compagnies du 233e R.I.
    • Liaison le Chaume-la Wavrille
      • Deux compagnies du 243e R.I.
    • Wavrille
      • Deux compagnies du 327e R.I.
    • Beaumont
      • Deux compagnies du 327e R.I.
      • Une compagnie du 29e R.I.T.
    • Bois des Fosses
      • Une compagnie du 327e R.I.
      • Une compagnie du 29e R.I.T.
  • Réserve sous-secteur Nord, Trois compagnies du 327e R.I.
  • Réserve de division
    • Un bataillon du 233e R.I.
    • Un bataillon du 208e R.I.

Dans la nuit, la division achemine des  troupes fraiches  vers les secteurs dans le but de lancer une contre-attaque. En fin de nuit, quelques éléments de tranchées sont repris à l’ennemi mais, vers 6 h 30, le bombardement redouble d’intensité. Les communications qui avaient été en partie rétablies sont à nouveau coupées.

Dans la matinée du 22 février, à la suite des mouvements de troupes de la nuit, la nouvelle situation est la suivante :

Sous-secteur Sud :

  • P.C.  de la 101e brigade à la cote 378
  • Un bataillon du 164e R.I. à Ornes
  • Une compagnie du 243e R.I., au bois des Caurières
  • Une compagnie du 29e R.I.T., au bois le Chaume
  • Trois compagnies du 243e R.I. et une compagnie du 29e R.I.T., en réserve.

Sous-secteur Nord :

  • P.C. au camp du bois des Fosses
    • Herbebois
      • Six compagnies du 233e R.I.
      • Un bataillon du 164e R.I.
      • Deux compagnies du 243e R.I.
      • Trois compagnies du 327e R.I.
    • Bois de Ville
      • Un bataillon du 164e R.I.
      • Deux compagnies du 233e R.I.
  • 2e position
    • Deux compagnies du 243e R.I., à la liaison le Chaume-la Wavrille
    • Deux compagnies du 327e R.I. et une compagnie de mitrailleuses, à la Wavrille
    • Une compagnie du 327e R.I. et deux compagnies du 29e R.I.T.
    • Deux compagnies du 327e R.I.,  à Beaumont
    • Deux bataillons et demi du 208e R.I en réserve.
  • Réserve de division
    • Un bataillon du 310e R.I., à l’ouest de Louvemont
    • Un bataillon du 310e R.I., au sud de Louvemont.

Jusqu’à 11 heures, l’ennemi bombarde les positions tenues par la 51e division puis il lance son infanterie dans le ravin de la route de Ville et sur la lisière ouest du bois du même nom. Les défenseurs pris de flanc et de front, se replient sur la ligne de soutien.

Des coups de fusil sont entendus en provenance du bois des Caures puis les Allemands surgissent derrière les sections qui défendent le bois de Ville et qui se retirent à grand-peine vers la Wavrille. Plusieurs compagnies sont prises au piège et sont capturées.

L’ennemi essaie de s’infiltrer dans le bois de la Montagne par la lisière sud du bois de Champneuville pour prendre les défenseurs de flanc et par la lisière nord pour les attaquer de front. Il est stoppé par une solide contre-attaque.

paul-riedelTombe Paul RIEDEL, I.R.64, tombé le 22-02-1916, quelque part à l’Herbebois

Vers 14 heures, un ordre de la 51e division prescrit de tenir à tout prix la position de la Wavrille et la Cote 351. Les maigres renforts disponibles sont envoyés en soutien.

Jusqu’à la nuit, les positions sont à peu près conservées mais l’ennemi progresse inexorablement du côté du bois des Caures. Beaumont et Louvemont sont renforcés ainsi que les organisations de la Wavrille.

Dans la matinée du 23, une attaque ennemie sur la Wavrille est enrayée ; des infiltrations allemandes sont détectées dans le bois de Soumazannes. L’artillerie française pilonne les positions conquises par les Allemands dans l’Herbebois et en avant de la Wavrille. Ces derniers mettent alors en œuvre leurs grosses pièces pour labourer le centre de résistance et la Cote 351.

MN-pionnerMonument délabré des pionner, à l’Herbebois

Le général CHRÉTIEN commandant le 30e C.A., ordonne de lancer une contre-attaque pour reprendre les positions perdues à l’Herbebois, avec un bataillon du 2e R.Z. et  au nord de la Wavrille, avec un bataillon du 310e R.I. ; ces attaques n’auront pas lieu car l’ennemi les devance.

À 10 heures, l’I.R.24 brandebourgeois attaque l’Herbebois. Sur la route de Soumazannes à la ferme Saint-André, la lutte est acharnée.

24RIBrStèle centrale du monument de l’I.R.24 à l’Herbebois

24IR-brandebourgeois
Monument d’origine de l’I.R. 24 brandebourgeois

Source :  Verdunschlacht

Dans l’après-midi, nouvelle attaque allemande sur la Wavrille. Les fantassins allemands débordent la garnison des tranchées par la droite et l’obligent à se replier sur le bois des Fosses. Aucune des contre-attaques prévues n’ayant pu être réalisées, la Wavrille est abandonnée à l’ennemi. La perte de cette position met en grande difficulté les défenseurs de l’Herbebois qui se trouvent attaqués sur trois côtés. La décision est prise de les rapatrier de l’Herbebois vers le bois le Chaume. Les pertes sont énormes de part et d’autre.

Dans la soirée, les Allemands avancent sur Ornes entre Grémilly et l’Herbebois. Les unités venant du bois des Caures, du bois de Ville et de la Wavrille se dirigent vers Beaumont.

Dans la nuit, la nouvelle ligne de défense française relie Ornes, les lisières nord des bois le Chaume et des Fosses, Beaumont.

vest-cn-164Reliques de l’ancienne casemate du canon de marine de 16 cm à l’Herbebois

rail-ds-arbre
Élément de rail de l’ancienne voie ferrée de la couture, pris dans un arbre.

obs-herbebois
Observatoire à l’Herbebois

Sources :

  • Crédit photos, A.CESARINI
  • jmo de la 51e D.I.
  • jmo des 164e R.I., 233e R.I., 243e R.I.
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